J’étais parvenue à me convaincre que j’étais un garçon et je tenais à ce qu’on m’appelle Joe.

Résultats de recherche d'images pour « la petite et le vieux »« Elle se nomme Hélène, mais se fait appeler Joe parce qu’elle veut vivre en garçon comme lady Oscar, son héroïne de dessins animés préférés qui est le capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Comme elle, elle aimerait vivre à une autre époque et réaliser de grands exploits, car elle a l’âme romantique et un imaginaire avide de grands drames. Mais elle doit se contenter de passer les journaux, puis de travailler comme serveuse dans une salle de bingo. Après tout, au début du roman, elle n’a que huit ans, même si elle prétend en avoir dix.

Hélène a trois sœurs, un père très occupé à être malheureux et une mère compréhensive mais stricte qui ponctue ses phrases d’un «C’é toute» sans réplique. Elle vit dans un quartier populaire peuplé de gens souvent colorés dont le plus attachant est sans nul doute son nouveau voisin, Monsieur Roger, un vieil homme qui rêve de mourir. Il passe ses journées à boire de la bière, mais il accourt dès qu’on a besoin de lui. Hélène et lui développent une amitié indéfectible » (résumé de l’éditeur).

Année de parution : 2010 (maintenant disponible en format poche chez l’éditeur BQ)Résultats de recherche d'images pour « la petite et le vieux marie bq »

Note :

Dans ce roman de Marie-Renée Lavoie, une femme, la petite, revient sur des événements s’étant déroulés lorsqu’elle avait 10 ans. Elle pose un regard de femme mûre sur des moments qui marquèrent sa jeunesse : sa rencontre avec Roger, le vieux. Avec une galerie de personnages originaux et dynamiques, l’auteure québécoise nous entraîne joyeusement dans la vie rebondissante de cette jeune fille.

Rapidement dans l’histoire, une grande sympathie pour la jeun Hélène s’installe. La sensibilité de cette jeune fille pour les injustices sociales qui touchent son quartier et les réalités familiales difficiles qui la touchent elle aussi. L’amitié improbable entre Roger et la petite est touchante et agréable à lire. Cela nous apprend que malgré la différence d’âge et du sexe, deux individus peuvent développer une connivence forte et vitale.

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Vous êtes assis dans la bibliothèque de l’Université de Tasmanie…

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Ma première rencontre avec cet auteur québécois se fit avec son premier roman, Guano, qui fut une belle surprise. Ainsi, lorsque son deuxième livre fut publié, la perspective d’une nouvelle aventure s’est immédiatement emparée de moi. Aucune déception!

Résumé :

« Vous êtes photographe et vous partez à la recherche d’une frégate japonaise échouée sur l’île de Bougainville. Mais c’est plutôt une séduisante Taïwanaise, puis des guérilleros que vous trouvez sur votre chemin. Bientôt, ils deviennent vos geôliers. Et pendant que vous tergiversez dans votre cage de bambou, hésitant entre diverses formes d’évasion, l’épave disparue continue de se désagréger, comme tout le reste. »

Parution : 2014, chez L’Hexagone

Mention : Découverte.

L’avis :

Roman anecdotique, ce livre ne fait pas partie de la grande histoire, mais plutôt de la petite histoire qui écrit la grande. Dans les années 80, Timothée part à la recherche d’une épave japonaise que personne n’arrive à retrouver depuis quatre décennies. Il veut la photographier dans le but de sauver le magazine pour lequel il travaille.

Louis Carmain possède un style d’écriture unique et une originalité remarquable qu’on retrouvait aussi dans son premier roman, Guano. Le vocabulaire est riche et exhaustif. L’auteur s’exprime habillement dans de grandes phrases inspirées. De plus, la ponctuation vivante donne du rythme au récit et dynamise la narration. Tous ses éléments, particulièrement le rythme évidemment, nous font tourner les pages avec une grande avidité. Par contre,  il faut préciser que ce roman s’adresse aux lecteurs désireux avoir une lecture complexe et recherchée. Il demande de l’attention et de la réflexion.

Chacun se concocta similairement un mélange de rumination et de fatigue qui endigua le sommeil proprement dit, Morphée ne se décidant pas à les accompagner avec que ne les envahissent une variété de réflexions sur l’une (rumination) et l’autre (fatigue) de type l’œuf ou la poule, métaphysique qui s’acheva en m’a-t-il m’a-t-elle apprécié avant le verre d’eau final pour se nettoyer d’autant de fébrilité. Puis, environ à la même heure, ils s’étaient endormis dans leurs lits respectifs en pensant à un lit commun, avaient pour continuer rêvé à l’unisson d’un monde commun ou ils se seraient rejoints en songe – Timothée de Viviane dans un décor d’Asie du Sud-Est avec palmes et bois de teck, Viviane de Timothée jouant du didgeridoo -, en tout cas imaginé à quelques détails près un monde contenant l’autre (p.62).

Parfois, l’auteur nous perd au travers de ses longues phrases. Il nous faut donc les relire une deuxième fois pour comprendre exactement le sens et pour apprécier la poésie de l’auteur. Par contre, il nous rattrape toujours au détour d’une phrase ou, encore, avec son humour qui est présent tout au long du roman.

Ah, il y a aussi la narration, une originale celle-là. À plusieurs reprises, l’auteur intègre son lecteur dans son récit par l’emploi du pronom VOUS. Il est évident que Louis Carmain s’en amuse et nous en redemandons encore plus. Avec le bon dosage, cela ajoute originalité et personnalisation à l’histoire.

PSST : je dois avouer que je ne déteste pas du tout lorsque les auteurs optent pour ce procédé narratif. Cela interpelle le lecteur et l’incite à entrer plus profondément dans le roman.

Finalement, Louis Carmain nous propose dans ce roman une nouvelle aventure dans la petite histoire. Celle qu’on oublie au profit d’une Histoire des grands événements. Plongeons au coeur d’une Tasmanie peu connue à la recherche d’une épave oubliée, presque mythique. Des personnages intrigants croiseront votre route, des événements troubleront votre mission et des histoires incroyables seront à raconter à votre retour. Tel est ce que vous propose ce deuxième roman de Louis Carmain.

 

2017, c’est Honoré de Balzac!

C’est en parcourant les allées de la librairie que j’ai eu cette idée saugrenue, voire un peu folle : je dois lire les classiques de la littérature.

Au cours des nombreuses et longues conversations que j’entretiens régulièrement avec mes clients, j’avoue spontanément et sans aucune gêne n’avoir aucune formation ou diplôme en littérature. Pourquoi travailler dans une librairie alors? Parce que j’aime tout simplement lire et partager mes lectures avec les différents lecteurs venus chercher conseils. Il s’agit donc aussi de ma seule qualification pour ce blog.

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Puisque chez moi la curiosité est une qualité comme un défaut, j’ai voulu faire ma propre éducation littéraire. Syndrome de l’infériorité? Sûrement, quoique probablement! Je commence donc cet enseignement autodidacte par un auteur français du XIXe siècle, Honoré de Balzac, avec son œuvre titanesque et impressionnante, La Comédie Humaine. Je vois grand pour cette première année! J’espère ne pas me décourager en chemin.

Pour terminer, je vous donnerai à la fin de la lecture des différents romans mon appréciation de chacun d’eux. Loin de moi, par contre, de vous en donner une analyse complète et détaillée. Cela n’est absolument pas mon but pour le blog. Mais, secrètement, j’aimerai remettre aux goût du jour les grands classiques de la littérature. Certains méritent encore d’être lus et appréciés des lecteurs d’aujourd’hui.

Lecture actuelle : Le Garçon (Marcus MALTE)

Marcus Malte a remporté le prix Femina 2016. Étant libraire, je me dois de connaître les romans importants des différentes rentrés littéraires et des lauréats des nombreux prix. Ainsi, plusieurs s’imposent dans ma PAL, dont celui de Marcus Malte. Et une chance, car je serai passé à côté d’un incroyable roman (pour l’instant, du moins!). Je suis charmée par l’histoire et le style (surtout la narration). Je n’en décroche plus.

Résultats de recherche d'images pour « LE GARCON MALTE »Résumé :

« Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.

Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.

Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde. »

Éditeur : Zulma

Date de parution : 2016

Lecture actuelle : Euphoria (Lily KING)

Résultats de recherche d'images pour « euphoria lily king bourgois »Alors que je plaçais les nouveautés parues à la librairie, j’ai découvert ce roman de Lily King. Je crois que vous l’aurez remarqué, je suis passionnée par l’histoire. Mais vous ignorez surement que j’ai étudié pendant quelques années en anthropologie. Donc… je n’ai pas pu m’empêcher. Je me devais de le lire! Et, pour le moment, je ne suis pas du tout déçue. Aucunement.

Résumé :

« En 1933, trois jeunes et brillants anthropologues se rencontrent sur les berges du fleuve Sepik, dans le Territoire de Nouvelle-Guinée, alors sous domination anglaise.

Inspiré par la vie de Margaret Mead, la célèbre anthropologue américaine qui sut donner du souffle à cette science encore si récente dans les années 30, Euphoria est un roman passionnant ou il est question de tribus indigènes, d’ethnocentrisme et de guerres mondiales, mais aussi et surtout de nature, de désir et de possessions. »

Éditeur : Christian Bourgois

Date de parution : 2016

Lecture actuelle : La Mer cruelle (Nicholas MONSARRAT)

Résultats de recherche d'images pour « la mer cruelle libretto »La Seconde Guerre mondiale vit près de trois mille navires anglais envoyés par le fond. Embarqué sur la Rose des Vents, joli nom pour y vivre l’enfer, Nicholas Monsarrat relate dans La Mer cruelle la longue et véridique histoire d’un océan, de deux navires et d’environ cent cinquante hommes pris dans la plus furieuse des batailles qui fut jamais livrée en mer. Il le fait sans emphase mais sans rien édulcorer, décrit l’insoutenable souffrance des équipages trempés par l’eau salée et révèle un univers teinté d’humanité et d’horreur. Rejet, fascination et dégoût sont les maîtres mots pour dépeindre ces flots sans âme, traîtres aux hommes et pourvoyeurs d’orphelins…

Né à Liverpool en 1910 et mort à Londres en 1979, Nicholas Monsarrat, bien que pacifiste, s’engage à vingt-neuf ans dans la Royal Naval Reserve durant la Seconde Guerre mondiale. La Mer cruelle, publié en 1951, connut un succès retentissant.

 

Lecture actuelle : le Feu sur la montagne (Edward ABBEY)

Résultats de recherche d'images pour « le feu sur la montagne »Chaque année, aux premiers jours de l’été, Billy quitte ses parents et la ville, il monte dans un train et traverse le pays en direction de l’Ouest. Arrivé sous le ciel infini et le soleil éclatant du Nouveau-Mexique dans le ranch de son grand-père, Billy chausse ses bottes, retrouve son cheval et parcourt les étendues arides et sauvages. L’été de ses douze ans, il découvre le ranch au bord  de l’insurrection : l’US Air Force s’apprête à réquisitionner les terres de son grand-père pour y installer un champ de tir de missiles. Mais le vieil homme ne l’entend pas ainsi. Et Billy compte bien se battre à ses côtés.

LE FEU SUR LA MONTAGNE dresse le portrait d’un homme prêt à tout pour défendre ses idées, et celui d’un enfant qui réalise le prix de la liberté. Inspiré de faits réels, ce roman bouleversant a contribué a contribué à faire d’Edward Abbey une des grandes voix de l’Ouest américain.

 

Lecture actuelle : Écoutez nos défaites (Laurent GAUDÉ)

Rentrée littéraire 2016

Résultats de recherche d'images pour « écoutez nos défaites »Il a mené des opérations pour les renseignements français de Bamako à Genève, de Beyrouth à Tanger. Il a vu des régimes tomber, des peuples se relever, des hommes mourir. Aujourd’hui, Assem Graïeb est fatigué. La mission qu’il accepte est peut-être la dernière : retrouver un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. À Zurich, Assem croise Mariam, une archéologue irakienne qui tente de sauver des œuvres d’art dans la zone dévastée du Moyen-Orient. En une nuit , tous les deux partagent bien plus que quelques heures d’amour.

En contrepoint de cette rencontre, le récit fait retentir le chant de trois héros glorieux : le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste. Mais quand une bataille se gagne au prix de vies fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu’il s’agit d’une victoire ?

Évocation tremblée d’un monde contemporain insondable, Écoutez nos défaites compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des homme et célèbre l’émotion, l’art, la beauté – seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe.

 

 

Il y a deux ans, lorsque j’ai perdu mon père, je n’avais plus de goût de vivre…

Résultats de recherche d'images pour « mon père éliette abécassis »Héléna a tout donné pour ce père qu’elle aimait tant. Elle lui a consacré sa vie. Un jour, elle reçoit un message d’un présumé Paul M qui lui annonce être son frère, le fils de son père. Cet homme qui avait être son père à elle avait eu une autre vie, un autre enfant. Quels secrets son père dissimulait-il dans sa profonde tristesse? Que cachait-elle?

Avec l’aide de Paul M, elle cherchera à découvrir la vérité et à trouver sa nouvelle place dans la vie de ce père adoré.

Mon avis :

Ce roman d’Éliette Abécassis est une petite plaquette d’à peine 130 pages qui se lit en quelques heures, tout au plus. Dans ce roman, l’auteure illustre l’importance capitale de la figure paternelle dans la vie de la protagoniste. Avec une impressionnante précision des détails, elle révèle un amour total et destructeur car, rapidement dans le roman, Éliette Abécassis montre le caractère malsain de cette relation. Entre le père et la fille.

C’est ainsi que je le voyais, et c’est pourquoi je n’ai pas pleuré lorsqu’il est mort, car en moi il était vivant, si vivant que je n’existait plus que par sa présence, si vivante que lui, qui était mort, était plus réel que moi : j’étais devenue mon père (p.15).

Malgré qu’il entretient une distance palpable envers elle et qu’elle remarque son absence régulière de la maison, Héléna met toujours son père en priorité dans sa vie. Elle pense plus à lui qu’à elle-même, jusqu’à se sentir obligée de lui envoyer de l’argent régulièrement. Souvent, cela représente tout ce qu’elle gagne. Lire la suite

Chienne de vie ! de Ma Jian

chienne-de-vie-ma-jianLe narrateur souhaitait revoir son professeur de dessin, Monsieur Xu, pour lui montrer ses réalisations. Durant la révolution culturelle, Monsieur Xu a connu la déchéance et l’exclusion à cause de son “droitisme”. Après 10 ans, le narrateur prend donc les moyens nécessaires pour le retrouver. Il veut lui prouver qu’il peut être fier de l’artiste qu’il est devenu. Mais est-ce que les motifs de notre narrateur sont  réellement ceux qu’il affirme ?

Minuscule plaquette de 61 pages, ce roman peut très bien se lire en quelques heures seulement, autour d’un bon café. À travers les retrouvailles des deux personnages, Ma Jian raconte certes une histoire profondément humaine, mais aussi critique les politiques du régiment communiste chinois. Effectivement, dans ce texte, l’auteur chinois dénonce précisément la révolution culturelle et, surtout, ses conséquences sur les individus qui l’ont subie. Envoyé à la campagne pour des opinions jugées différentes, Monsieur Xu incarne ses êtres brisés qui ont survécu à cet enfer.

– “Monsieur, pourquoi êtes-vous de droite? – Parce que mon père l’était…”

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